16 septembre 2009
Emergency Love
Au commencement, il y a eu La Petite Maison dans la Prairie. Les sitcoms AB sont venues par la suite. Avec leurs qualités, leurs défauts, elles constituent les prémices de ma sériephilie. Elles m’ont fait rêver, rire, pleurer, réfléchir, elles ont une place à part, mais il leur manque quelque chose qui n’en font pas la série avec qui j’ai eu le déclic. Et puis, le 28 juin 1996…
Ce jour-là, je passe mon brevet des collèges (*soupir* ça ne nous rajeunit pas tout ça). Des épreuves, je ne me souviens de rien. L’important, comme souvent, se passe dans la cour de récréation. Entre les habituels bavardages de collégiens – « ‘Tin, trop dure la dictée ! », « Canon la meuf ! », ... – un sujet de conversation accapare le petit groupe dont je fais partie : la nouvelle série diffusée la veille sur France 2. Son nom : Urgences. Les réactions sont unanimes : c’est super, mais quand même « un peu dégueulaaaasse. » Les filles trouvent le tout jeune Carter à leur goût ; de mon côté, pour ne pas faire comme les autres, comme d’habitude, je donne ma préférence au Docteur Ross (who else ?).
On retiendra de cette journée que j’ai obtenu mon brevet, ce qui ne m’empêchera pas de redoubler ma troisième *grmbl* On retiendra surtout qu’un nouvel amour vient de naître même si je ne le sais pas encore. Il ne s’appelle pas Kevin et il n’a pas le visage couvert d’acné. Elle s’appelle Urgences et a un joli générique vert.
Urgences, c’est avant tout LA série qui m’a fait dire : « Whoa, alors c’est ça une série qui a de la gueule ? C’est ça une série dont j’ai du mal à attendre les prochains épisodes ? C’est ça une série qui sait à la fois me scotcher devant mon écran, m’étourdir, m’agripper à mon canapé, me faire réfléchir sur des sujets pas faciles ? C’est ça la série que j’attendais ? Celle qui va me montrer que tout ce que je connaissais en série n’était rien à côté de ce qui peut exister ? »
Il y a eu un avant Urgences. Il y aura un après, forcément. Je n’ai pas toujours été fidèle à la série, je l’avoue. Je l’ai délaissée à un moment, mais j’y suis toujours revenue avec la même sensation de revoir un vieil ami fidèle, lui, honnête, exigeant, chaleureux et réconfortant.
Un ami à qui il a fallu dire adieu en avril dernier. J’ai aimé ce dernier épisode, pas tape-à-l’œil. D’aucuns l’ont trouvé trop banal pour finir la série, mais personnellement, c’était le final que je voulais voir. Pas de mariage, pas de mort d’un personnage principal, pas d’accidents spectaculaires, des réponses en suspens (à nous de faire fonctionner nos petites cellules grises), un brin de nostalgie. Bref, une journée banale aux Urgences qui finit la série comme elle l’avait commencé.
Il y a eu La Petite Maison dans la Prairie. Il y a eu les sitcoms AB. Il y a eu Urgences… Et maintenant ?
Une époque formidable
Je n’aime pas dire « C’était mieux avant » - tant mieux, ça m’évitera
de m’attirer les foudres de lady. Mais vraiment, Une Famille Formidable, c’était mieux avant. Et dans une certaine
mesure, TF1, c’était mieux avant (je suis d’accord, ça ne peut pas être pire qu’aujourd’hui).
Alors que les trois premières saisons étaient drôles, brillantes, bien écrites,
les quatre qui suivent paraissent bien pâlichonnes, et surtout, semblent ne pas
pouvoir/vouloir prendre de risques par rapport à leurs aînées. Ça se regarde
facilement, mais c’est fade, sans goût. C’est du TF1 d’aujourd’hui, quoi.
Pour illustrer mes propos, prenons le premier épisode. Un premier épisode
classique dans sa forme. Il nous présente les personnages et nous permet de
deviner de quoi sera faite la suite.
Jacques et Catherine Beaumont sont un couple aisé de Parisiens. Il est
critique gastronomique, elle est médecin généraliste. Ils ont trois enfants :
Audrey, 21 ans, qui n’est pas la fille de Jacques, mais c’est tout comme ;
Nicolas, 18 ans, qui passe son bac (ce qui donnera lieu à des scènes très
drôles) ; et Frédérique, 11 ans, future Martina Navratilova – oui, aujourd’hui,
on parlerait des sœurs Williams, mais nous sommes en 1991, rappelez-vous.
Autour d’eux, gravitent d’autres personnages apportant leurs lots de
cocasseries : Paule, sœur de Catherine, et voyante de son état ;
Richard, meilleur copain de Jacques, présentateur du JT de… TF1 (ce qui permet
de faire sa pub, mine de rien, comme quoi, il y a certaines choses qui ne
changent pas) ; Nono, père de Catherine et Paule ; les copains de
Nicolas ; le meilleur ami d’Audrey… Tout ce petit monde vit gentiment dans
un bordel plus ou moins organisé, jusqu’au jour où Catherine apprend que
Jacques la trompe…
Pour l’histoire, ça commence comme ça. Sous le fond, on a donc droit à des
scènes drôles, mais surtout, certaines qu’on ne verrait plus du tout aujourd’hui
dans une fiction de TF1 – j’ai presque envie de dire, dans une fiction tout
court.

Bon, si vous ne voyez pas bien, Catherine (excellente Anny Duperey, est-il
besoin de le préciser ?) pose son paquet de cigarettes et son briquet sur
la table. Un personnage principal qui fume ! Horreur ! Médecin,
par-dessus le marché, et gentil. Parce que je ne sais pas si vous avez
remarqué, ceux qui fument aujourd’hui à la télé, ce ne sont que des méchants.
Car c’est bien connu, il n’y a que les méchants qui fument. Moi, je ne fume
pas, par exemple, c’est pour dire. ^^

Une jeune fille à peine pubère à moitié à poil et maquillée comme un camion
volé, fallait quand même oser. Certes, Familles
de France a du grincer des dents à l’époque. Mais aujourd’hui, prendrait-on juste le risque de
tourner la scène ?

Alors là, comme ça, à première vue, il n’y a rien de compromettant, il ne
lui fait pas de proposition indécente. Il suffit d’ajouter le son. « Vous
savez, j’ai un chauffeur, mais je suis de gauche ». Franchement, franchement, vous voyez Joséphine, ange
gardien ou SoeurThérèse.com sortir une phrase de cet acabit de nos jours ?
Sur TF1 ???
Non, aujourd’hui, on se contente de remâcher saisons après saisons les
mêmes histoires. Jacques et Catherine se sont séparés, se sont remis ensemble,
ont divorcé, ont remis le couvert… Pareil pour les enfants. On tente de nous
sensibiliser à un problème particulier (homosexualité, handicap…) mais c’est
fait sans saveur particulière, pas comme celle d’avant, en tout cas. Oh, de
temps en temps, l’éclat passé semble ressurgir - lors de la dernière saison,
lorsqu’ils avaient du vendre la maison au Portugal, par exemple. Mais deux
épisodes plus tard, la maison est miraculeusement de retour. Dommage. Alors je
continue à suivre, oui. Par nostalgie. Pour le trio Jacques-Catherine-Richard…
quoique… et maintenant, sans Philippe Korshand, je n’ose imaginer le résultat.
Heureusement, il me reste le DVD des trois premières saisons. Les seules et
uniques, suis-je tentée de dire. Le bac, la partie de pêche (aaaah, la partie
de pêche !), la chorale, les problèmes Nicolas-Jacques, le père de Jacques…
Un petit coup, et je sais ce qui faisait le sel de la série.

Et la pratique, maintenant ?
Y'a quelqu'un ?
Je suis admirative. Je suis admirative de ceux qui arrivent à tenir un blog alors qu’ils travaillent, qu’ils ont des amis, qu’ils ont une vie quoi ! Alors que moi, au chômage, je devrais avoir le temps… eh bien non, je n’y arrive pas. Décidément, je suis comme ça, on ne me changera pas. Pas la peine de me mettre un objectif, ça ne fonctionne pas. J’ai des idées de posts pleins la tête, mais quand il s’agit de les coucher sur le papier, ou plutôt sur mon fichier Word… Donc, ce sera au petit bonheur la chance. Ça pourra être quatre articles par semaine, comme un par mois (et encore). Je ne m’assure pas un lectorat imposant avec cette méthode, mais je ne peux rien faire de plus et croyez bien que j'ai essayé. Mais comment vous faites, vous autres, là, dans la colonne de droite ?
Mais la rentrée des séries est là, alors il reste un espoir. Il reste un espoir que je me réveille, avec le retour de mes séries préférées. Croisez les doigts et priez !
23 juillet 2009
Lettre aux oubliés ?
Forcément, quand je me décide à prendre le blog en main et à m’en tenir à un rythme d’au moins trois posts par semaine, j’ai un problème de logistique qui me bouffe la vie. Traduction : j’ai fait une grosse boulette =D, j’ai du formater mon disque dur, et les articles que j’avais commencés à écrire ont disparu de la circulation. Du coup, ça m’a bien énervée, mais je suis toujours là, promis.
Sinon, je tenais à remercier encore une fois, mais cette fois-ci solennellement et publiquement, maxwell grâce à qui ma petite tirade là, en haut à droite, est désormais lisible avec tous les navigateurs – enfin, normalement.
Et puis j’ai eu mes premières requêtes Google pornos, ça se fête non ? ^^

Lettre à l'oubliée...
… ou comment Internet t’a tuer.
Cela fait des mois, des années presque que je ne t’ai pas touchée, que je n’ai pas levé les yeux vers toi. Je sais que tu es là, mais rien à faire, il me détourne sans cesse de toi. Oh, ce n’est pas de ta faute, ni de la sienne, et peut-être même pas de la mienne. Seulement, il sait me faire découvrir des choses dont tu n’as pas idée. Et malgré moi, malgré le fait que tu sois à mes côtés, oui, je l’avoue, je t’ai oubliée, un peu à l’image d’un Paulo électroménager.
La première fois avec lui, tu comprends, c’était tellement… J’ai enfin pu faire ce que je voulais depuis des mois. « Acheter » le dernier épisode de Friends en VOSTFR (« acheter » = cagouler = vous avez compris ^^). J’en aurais pleuré. Je n’avais même pas besoin d’attendre la diffusion sur France 2 ! Il m’a fait découvrir de nouveaux horizons et j’ai découvert que non, non, je n’étais pas la seule, qu’il y en avait d’autres comme moi qui aimaient les séries avec passion et qui aimaient faire partager cette passion. Je n’ai pas su résister… Je ne me cherche pas d’excuses, mais à ma place, est-ce que tu n’aurais pas non plus succombé ?
Et depuis que j’ai commencé à regardé en VO(ST), j’ai vraiment du mal à regarder des séries en version française, quand je sais, je sais que d’un coup de clic, je peux l’avoir en version originale. Et la VO, c’est toujours mieux que la VF, tu n’en disconviendras pas – d’accord, à part Les Simpson ? Oh, je sais, tu t’y mets lentement, mais franchement, Les Experts Ushuaïa ou Grey’s Anatomy… tu veux ma mort ou quoi ? Et puis est-ce que j’ai une tête à rester levée jusqu’à minuit devant M6 et ses pubs pour voir Rome quand je peux me faire mon programme toute seule, comme une grande, sans subir la censure des chaînes ? Hein ?
Allez, dis que tu comprends, s’il te plaît. Je n’aimerais pas qu’on se quitte sur une mauvaise note, en souvenir de tout le temps passé ensemble, à l’époque où j’étais plus téléphage que sériephage. Peut-être qu’un jour, tel Paulo, tu reviendras dans ma vie. Tu auras sans doute mincie, je ne perdrais plus ta télécommande, et tu seras accompagnée d’un lecteur DVD et d’un magnétoscope en état de marche.
En attendant, je reste avec lui. C’est bien simple, tout ce dont j’ai besoin, il me le fournit. Il s’appellerait George Clooney, tiens, je l’épouserais sur le champ.
Alors d’accord, pour le moment, on en reste là. Je ne peux pas te promettre que ce ne soit qu’un au-revoir, non pas un adieu. Mais je te promets que je penserai à toi, parfois.
Prends bien soin de toi et de tous tes circuits intégrés. Je t’embrasse tendrement.
Scarlatiine.
