Comme une grande...

a.k.a. des sériies avec deux i

14 juin 2009

Quand je pense à toutes les séries qu’il me reste à regarder, j’ai la certitude d’être encore heureuse. *

J'aime les séries, je crois qu'on l'aura compris. Et j'aime les livres. Malgré ce que certaines mauvaises langues pourront dire, les deux activités ne sont pas antinomiques. Quand, adolescente, ma mère me tannait pour que j'arrête de m'abrutir devant Hélène et les Garçons (on y reviendra) et que je serais bien mieux devant un livre, je lui disais déjà : « Mais maman euh, t'es trop nulle, pff, ça n'empêche pas ! ». Aujourd'hui encore, lorsque dans une conversation, on en vient à parler hobbies et que j'hasarde le fait que oui, j'aime, j'adore, je raffole des séries télé, il y a deux cas de figure.

1/ *air ravi* « Oh moi aussi, tu as vu l'épisode de Plus Belle la Vie/Sous le Soleil/Joséphine, ange gardien, hier ? »

2/ *sourire de commisération* « Oui, je comprends, il en faut pour tous les goûts. Mais moi, tu vois... je préfère des activités plus intellectuelles, tu vois... Je me disais justement en relisant Kant... »

Je n'ai jamais autant regardé de séries, et pourtant, ma consommation quotidienne de lecture n'a jamais baissé. Alors non, ça n'empêche pas. J'ai besoin des deux, tout simplement. Certains vont dire que les chômage aide bien, mais même pas. Ça l'a toujours été, ça l'est et ça le sera toujours. Et puis après tout, est-ce que je ne recherche pas la même chose dans les deux activités : le besoin de m'évader, de rire aux éclats, de pleurer, de frémir, de sursauter, d'ouvrir de grands yeux devant un rebondissement que je n'avais ab-so-lu-ment pas vu venir ? Évidemment,  ce n'est pas avec le même état d'esprit que je regarde Friends et que je lis Zola. Comme ce n'est pas dans les mêmes conditions que je dévore une chick-lit et que je savoure Rome...Mais le plaisir est toujours le même - par contre, on ressort souvent dans le même état après avoir vu un épisode de Six Feet Under et avoir avoir lu Germinal.

Bien entendu, dès le début, j'ai voulu associer les deux. Je ne parle pas des livres dérivés des séries, qui la plupart du temps, ressemblent à de mauvaises fanfictions, avec des personnages à peine respectés, à croire que l'auteur a regardé à peine 10 minutes de la série. Depuis que je sais lire et depuis que je suis devenue télé-puis-sériephage (c'est à dire, à peu près en même temps), ça a fait tilt. Je lisais un Club des Cinq, et je me disais : « Et là, y'aurait Claude qui serait en danger, et puis le noir, et puis fin de l'épisode. Et on saurait que la suite dans le prochain épisode. » Oué, même si je ne connaissais pas le terme, je connaissais le concept du cliffangher ^^. Bon, je n'étais pas la première à avoir eu l'idée apparemment...

Encore aujourd'hui, quand je lis un livre, je ne peux pas m'empêcher de me demander : « Est-ce que ça ferait une bonne série ? ». Comme certaines séries que j'abandonne au bout de dix minutes, je ne dépasse pas parfois le premier chapitre. Mais parfois (souvent, d'accord =D), je me dis que tiens, ça ne ferait pas une mauvaise série et c'est sans doute pour ça que j'ai un faible pour les livres en plusieurs tomes. Vous allez me dire, le concept n'est pas nouveau, regardez au cinéma. Mais moi, les films... Élevée aux séries, j'ai du mal à rester plus de 50 minutes devant un écran (allez, une heure si c'est sur le câble). Et puis les séries, ça permet de prendre son temps, d'installer les personnages, leur psychologie... Comme dans un livre.

Et maintenant, les séries adaptées de livres, qu'est-ce que j'en dis ? Qu'est-ce que je fais ? Je regarde avant, je lis après ? Ou vice-versa ? Eh bien, ça dépend. Parfois, je ne sais pas que l'un existe alors que je suis sur l'autre. J'ai regardé True Blood, The Secret Diary of a Call Girl ou encore Privileged en ne sachant pas qu'elles étaient adaptées d'un livre. Les lirais-je un jour ? Me connaissant, il y a des chances. Mais sans doute pas dans l'immédiat. J'ai beau être fan de Sex and the City (la série), je n'ai toujours pas lu le livre. Peut-être la peur d'être déçue, dans un sens comme dans un autre.

Il y a les livres que j'ai lus avant de voir leurs adaptations. Oh, ça doit se compter sur les doigts des deux mains, parce que là aussi, il y a toujours la peur d'être déçue. La dernière en date est Les enquêtes de Mma Ramotswe (une fois encore, merci lady) et pour une fois, ce fut une belle découverte - j'en reparlerai.

Et puis il y a ses livres qui ne sont pas adaptés et qu'ils ne le seront sans doute jamais. Et pendant ce temps-là, des séries fleurissent et on désespère. D'un côté, on a 90210 et Gossip Girl, et de l'autre, on a Alice. D'un côté, on a des séries bling-bling aux scénarios pouvant tenir sur un timbre-poste, et de l'autre, on a une des séries de livres sur la vie d'une adolescente les plus touchantes, les plus vraies, les plus justes qui soit. D'un côté, on fête des anniversaires dans des night-clubs luxueux grâce à la CB de papa, et de l'autre, on décide qu'une soirée avec deux copines devant des pizzas pour fêter ses 13 ans, c'est bien suffisant. Comme ça, ça n'a pas l'air d'être passionnant, mais des séries avec des petits riens, ça fait parfois de grandes séries. Alice, justement, est une lointaine cousine d'Angela Chase. Elle n'est pas la plus populaire, elle n'est pas la plus jolie, elle est parfois jalouse de ses amies, elle se pose des questions qu'on se pose tous quand on a 14-15-16 ans et ne sait pas forcément ce qu'elle veut. Mais non, on préfère s'intéresser à ces jeunes de 16 ans qui roulent en limousine et pour qui vivre dans un grand loft à Brooklin, c'est être pauvre.

Alors tant pis, Alice n'aura pas sa série. En tout cas pas à la télé. Parce que dans ma tête, si. Et c'est sans doute le plus important.

(* Et rendons à Jules ce qui est à Jules.)


Commentaires sur Quand je pense à toutes les séries qu’il me reste à regarder, j’ai la certitude d’être encore heureuse. *

    Je connaissais une Alice, mais pas celle-là. Ca me rappelle un peu Charlotte Simmons. Personnellement je ne suis pas très friande de littérature, j'ai quelques coups de coeur occasionnels, des classiques (principalement de la littérature nippone de la 2e partie du XXe), mais ça s'arrête là. Quand je lis, étrangement, j'évite la fiction... ça pose question d'ailleurs. Mais je comprends ton sentiment sur les adaptations et je pense qu'il est plutôt compréhensible, même si je trouve aussi très dommage qu'une adaptation ait systématiquement son lot de critiques ("c'est pas fidèle au livre !!!" bah oui, sinon tu lirais le livre, là c'est une interprétation par le réalisateur... quand je pense qu'il y a des gens qui hurlent à la mort devant Dune de Lynch, mais c'est mieux comme ça, non ? Outre Kyle MacLachlan qui est forcément un merveilleux ajout, l'univers est plus glauque, plus étrange, et c'est sa lecture que Lynch nous a offert, c'est pas plus mal).
    Sinon pour la différence lecture/télé, j'ai envie de dire qu'aucune passion ne devrait en exclure une autre, du moment qu'on en a le temps et les moyens. Je ne vois pas en quoi être cultivé dans un domaine devrait éviter de l'être également dans un autre. Remarque, les gens qui te font la réflexion sont (en général) cultivés dans AUCUN domaine... c'est la raison pour laquelle il pense que la littérature est forcément un truc super cérébral (merci d'avoir mentionné la chick lit comme parfait contre-exemple), et la télé forcément débile. En même temps peut-on les blâmer de faire des généralités à partir de leurs souvenirs des cours de français et des diffusions de merde sur TFHein ?
    Ca touche plein de sujet, en fait, ton post.
    (rholala, deux posts, deux liens !)

    Posté par ladyteruki, 15 juin 2009 à 11:43 | | Répondre
  • J'ajoute que la phrase de ton titre, je la pense très souvent en voyant le nombre de séries dont je n'ai pas encore pu voir le pilote ^_^

    Posté par ladyteruki, 15 juin 2009 à 11:44 | | Répondre
  • J'aime bien l'idée que tu as d'analyser "le sériphile" littéraire ^^
    Bah oui ce n'est pas parce qu'on passe notre temps devant la télé, que l'on pas le temps de faire autre chose, et surtout de lire (mais du Kant, bof)...
    Et puis tu poses des questions vraiment très intérréssantes.
    Même si je lis certains bouquins sur les séries, je préfère tout de même les regarder que les lire (grumpf !).
    Mais lire les artciles d'un blog, n'est ce pas là de la lecture intellectuelle aussi ?

    Posté par David, 15 juin 2009 à 12:35 | | Répondre
  • Mais oui !
    Je trouve très juste ton parallèle entre séries et livres, surtout la partie ‹‹ ça laisse le temps d'installer la situation et les personnages ››. À vrai dire, je suis aussi sériephage et livrephage (littérophage ?) mais je n'avais jamais fait consciemment le rapprochement.

    Et puis combien de fois je me suis dit à la fin d'un film particulièrement bon ‹‹ je veux l'épisode suivaaaaaaaant ! ››, mais non, y'en a plus. Alors qu'après un pilote plus que prometteur, quel plaisir de se dire qu'il y en a toute une saison ! J'en frissonne... ^^

    Bon ben en tout cas je crois que je lirais religieusement ton blog, ça m'a l'air sympa tout ça (et tu pourras dire merci à lady d'avoir ramené un lecteur, qui ne post pas sur son blog, certes, mais qui le lit religieusement aussi !).

    PS : rhaaaa, j'oublie de mettre une adresse mail, et ce $#@! de moteur de blog me dégage mon post ! Grrrr.

    Posté par BadWolf, 15 juin 2009 à 22:19 | | Répondre
Nouveau commentaire