Comme une grande...

a.k.a. des sériies avec deux i

16 septembre 2009

Une époque formidable

Je n’aime pas dire « C’était mieux avant » - tant mieux, ça m’évitera de m’attirer les foudres de lady. Mais vraiment, Une Famille Formidable, c’était mieux avant. Et dans une certaine mesure, TF1, c’était mieux avant (je suis d’accord, ça ne peut pas être pire qu’aujourd’hui). Alors que les trois premières saisons étaient drôles, brillantes, bien écrites, les quatre qui suivent paraissent bien pâlichonnes, et surtout, semblent ne pas pouvoir/vouloir prendre de risques par rapport à leurs aînées. Ça se regarde facilement, mais c’est fade, sans goût. C’est du TF1 d’aujourd’hui, quoi.

Pour illustrer mes propos, prenons le premier épisode. Un premier épisode classique dans sa forme. Il nous présente les personnages et nous permet de deviner de quoi sera faite la suite.

Jacques et Catherine Beaumont sont un couple aisé de Parisiens. Il est critique gastronomique, elle est médecin généraliste. Ils ont trois enfants : Audrey, 21 ans, qui n’est pas la fille de Jacques, mais c’est tout comme ; Nicolas, 18 ans, qui passe son bac (ce qui donnera lieu à des scènes très drôles) ; et Frédérique, 11 ans, future Martina Navratilova – oui, aujourd’hui, on parlerait des sœurs Williams, mais nous sommes en 1991, rappelez-vous. Autour d’eux, gravitent d’autres personnages apportant leurs lots de cocasseries : Paule, sœur de Catherine, et voyante de son état ; Richard, meilleur copain de Jacques, présentateur du JT de… TF1 (ce qui permet de faire sa pub, mine de rien, comme quoi, il y a certaines choses qui ne changent pas) ; Nono, père de Catherine et Paule ; les copains de Nicolas ; le meilleur ami d’Audrey… Tout ce petit monde vit gentiment dans un bordel plus ou moins organisé, jusqu’au jour où Catherine apprend que Jacques la trompe…

Pour l’histoire, ça commence comme ça. Sous le fond, on a donc droit à des scènes drôles, mais surtout, certaines qu’on ne verrait plus du tout aujourd’hui dans une fiction de TF1 – j’ai presque envie de dire, dans une fiction tout court.

 

catherine

Bon, si vous ne voyez pas bien, Catherine (excellente Anny Duperey, est-il besoin de le préciser ?) pose son paquet de cigarettes et son briquet sur la table. Un personnage principal qui fume ! Horreur ! Médecin, par-dessus le marché, et gentil. Parce que je ne sais pas si vous avez remarqué, ceux qui fument aujourd’hui à la télé, ce ne sont que des méchants. Car c’est bien connu, il n’y a que les méchants qui fument. Moi, je ne fume pas, par exemple, c’est pour dire. ^^

 

fr_d

Une jeune fille à peine pubère à moitié à poil et maquillée comme un camion volé, fallait quand même oser. Certes, Familles de France a du grincer des dents à l’époque. Mais  aujourd’hui, prendrait-on juste le risque de tourner la scène ?

 

audreymichel

Alors là, comme ça, à première vue, il n’y a rien de compromettant, il ne lui fait pas de proposition indécente. Il suffit d’ajouter le son. « Vous savez, j’ai un chauffeur, mais je suis de gauche ». Franchement, franchement, vous voyez Joséphine, ange gardien ou SoeurThérèse.com sortir une phrase de cet acabit de nos jours ? Sur TF1 ???

Non, aujourd’hui, on se contente de remâcher saisons après saisons les mêmes histoires. Jacques et Catherine se sont séparés, se sont remis ensemble, ont divorcé, ont remis le couvert… Pareil pour les enfants. On tente de nous sensibiliser à un problème particulier (homosexualité, handicap…) mais c’est fait sans saveur particulière, pas comme celle d’avant, en tout cas. Oh, de temps en temps, l’éclat passé semble ressurgir - lors de la dernière saison, lorsqu’ils avaient du vendre la maison au Portugal, par exemple. Mais deux épisodes plus tard, la maison est miraculeusement de retour. Dommage. Alors je continue à suivre, oui. Par nostalgie. Pour le trio Jacques-Catherine-Richard… quoique… et maintenant, sans Philippe Korshand, je n’ose imaginer le résultat.

Heureusement, il me reste le DVD des trois premières saisons. Les seules et uniques, suis-je tentée de dire. Le bac, la partie de pêche (aaaah, la partie de pêche !), la chorale, les problèmes Nicolas-Jacques, le père de Jacques… Un petit coup, et je sais ce qui faisait le sel de la série.

 

bac

Et la pratique, maintenant ?

Posté par Scarlatiine à 13:49 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

Commentaires sur Une époque formidable

    Si l'homosexualité est un "problême particulier" alors je vais vite me faire soigner, docteur, donnez moi une fille ^^
    Je n'ai jamais accroché aux séries made in tf1, alors c'est pas à celle-ci que je vais accrocher, malgré que j'ai tenté le coup et rien n'est ressorti de bon...

    Posté par David, 16 septembre 2009 à 14:50 | | Répondre
  • Tiens, mon urticaire qui me reprend. Non, ça n'a pas forcément un lien avec le sujet de ce post... quoique.

    Posté par ladyteruki, 16 septembre 2009 à 15:15 | | Répondre
  • Et pourtant, c'était mieux avant c..
    (ne peut finir son commentaire, car foudroyé)

    Posté par Jérôme, 17 septembre 2009 à 13:03 | | Répondre
  • Plus sérieusement, l'aventure UNE FAMILLE FORMIDABLE est un beau gâchis.
    Bien écrites, bien jouées (hormis Romeo Sarfati) et audacieuses (pour l'époque et pour une fiction française), les 3 premières saisons forment un tout cohérent grâce à une progression logique et une utilisation intéressante (à défaut d'être réaliste) des maux de la société d'alors (début des 90's) dans les scripts de ces 9 épisodes.
    Le final avec Daniel Gélin est sobre, les personnages gays à l'opposé des clichés véhiculés par ceux de CAMPING PARADIS, Catherine parlait de de cancer et non de "longue maladie", le fils des Beaumont jouait au gigolo (en prime time !) etc.
    Certes, tout finissait bien et certaines scènes sont lourdes (le remake larmoyant du clip de "Place des grands hommes", la ridicule scène de "combat" de l'épisode 9
    Mais surtout, c'était alors un divertissement très drôle (la partie de pêche) avec des répliques assez savoureuses (("ouh qu'elle était morte la maman"...).
    Malheureusement, personne n'a pu résister à l'appât du gain (on se vouvient tous des interviews d'une Annie Duperey affirmant qu'elle ne redeviendrait jamais Catherine) et cette sympathique série est devenue non pas l'ombre d'elle-même, mais l'ombre de son chien... sauf que maintenant j'ai envie de chanter quittez-nous aux membres de cette famille (plus du tout) formidable !
    Par contre, comment reprocher à Fredo d'avoir abandonné le tennis quand on voit à quoi ressemble les monstroplantes de la fatrie Williams ?

    Posté par Jérôme, 18 septembre 2009 à 20:56 | | Répondre
Nouveau commentaire