Comme une grande...

a.k.a. des sériies avec deux i

15 juillet 2011

Retour à la réalité

Je ne regarde pas forcément une série parce qu'elle est proche de la réalité, sinon, je n'en regarderais pas beaucoup. Mais j'aime bien quand même qu'elle fasse preuve d'un minimum de réalisme, qu'elle me rappelle des souvenirs. Mais pas trop. J'ai peur de commencer The Big C, malgré tout le bien que j'en ai lu ici et là, parce que le cancer est quelque chose de beaucoup trop proche de moi pour le moment. 

C'était pareil pour Rude Awakening. L'alcoolisme, je connais bien, trop bien. Alors au début, voir traiter de l'alcoolisme, et de toutes sortes d'addiction, même - surtout - sur le mode comique, je craignais. Finalement, les louanges de lady à son égard ont payé, parce que j'ai essayé. Non sans crainte, évidemment. 

rudeawakening

Et pour ce qui est du réalisme, j'ai été servie, merci bien. Les personnages sont aussi détestables qu'ils peuvent être attachants. Billie Frank, ancienne actrice alcoolique, qui se réveille souvent avec un homme différent dans son lit, est en particulier loin de l'héroïne parfaite. Elle est égoïste et souvent ingrate face à ceux qui essaient de l'aider - mais c'est vrai que c'est parfois dur avec la mère qu'elle se paye (excellente Jynn Redgrave). Mais elle sait aussi se montrer touchante dans sa tentative de s'en sortir coûte que coûte. Entourée de ses amis des Alcooliques Anonymes, elle fera tout pour réussir à traverser cette situation difficile.

Les situations, elles non plus, ne sont pas souvent des plus agréables. Parfois crasseuses, parfois pathétiques, ce que nous offre Billie de sa vie nous rappellent que justement, la vie ce n'est jamais toujours beau, jamais toujours rose, jamais tout simplement simple. Il faut beaucoup de ténacité et de courage pour réussir à parvenir ne serait-ce qu'à un peu de bonheur. 

Alors, non, pas facile de rire quand Billie finit par se saisir d'une bouteille et qu'elle est rattrapée par ses démons intérieurs. Pour une sitcom, c'est quand même rude (awakening, huhu). Mais comme lady - encore elle ! -, j'aime avoir le choix, et finalement, le mélange des genres n'est pas déplaisant. 

Finalement, oui, j'ai aimé Rude Awakening (ou plutôt ce que j'en ai vu, c'est-à-dire la première saison, mais je ne doute pas que le reste soit de la même qualité). Outre son générique entêtant, je retiens une rencontre avec Sherilyn Fenn (bien que déjà vue dans Twin Peaks ou Gilmore Girls), qui reste une formidable actrice. Je retiens des joies, des peines, et malgré ce que j'ai dit plus haut, du rire. Pas un rire aux éclats, mais un rire souvent mélancolique face aux péripéties que vit Billie. Je retiens une série intelligente, qui ne prend pas les spectateurs pour des idiots, une série qui affirme haut et fort ce qu'elle est. Je retiens de bons moments, entrecoupés d'autres doux-amers. Je retiens surtout qu'il faut que je regarde la suite, parce qu'il serait dommage d'en rester là.

Alors, à mon avis, vous n'avez pas fini d'en entendre parler. 

Posté par Scarlatiine à 00:10 - Il était une fois… une série - Commentaires [0] - Permalien [#]
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